![]() |
MANIFESTATIONS |
|
||||
Extrait : Extrait de Le Consul, entretien avec Gérard Berréby, Allia […] Il n’y a pas si longtemps chaque nouveau romancier, chaque barbouilleur émergent se sentait obligé d’avertir le public qu’il avait été gangster au Brésil, gigolo à Hollywood, soutier dans un baleinier, orpailleur dans une sierra. On restait sceptique. Quand on a lu un certain nombre de biographies de morts que l’on a bien connus, on sait qu’elles sont presque toutes fausses, biaisées, naïves ou menteuses. Quand on lit l’autobiographie de Rumney, quand on sait un peu de quoi il en retourne, on la trouve par comparaison bien sincère. Pour le reste, il s’explique : « Un fait survenu dans ton existence, tu l’adaptes à quelque chose avec quoi tu puisses vivre. Je ne pense pas être une exception à la règle. La mémoire est donc sujette à caution. Les témoignages sont sujets à caution. » Somme toute, l’aventure finit bien. Toujours Consul comme le consul de Malcolm Lowry, c’est-à-dire buvant comme un poisson, comme un trou, comme une éponge ; sans accepter aucune compromission avec ce qui ne l’amusait pas, créatif, autodestructeur, il a vécu plus longtemps qu’aucune justice divine (elle n’existe pas) n’aurait dû lui permettre. Les vieux savent qu’on ne vieillit pas. Laissons lui le dernier mot : « Le dandy, en anglais ça a un sens, en français ça en a un autre. Je n’ai jamais très bien compris ce que ça voulait dire en français, mais je crois que ça pouvait s’assimiler au comportement de l’artiste. » Michèle Bernstein, extrait de Ralph Rumney – La vie d’artiste, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 209, avril 2012 |
||||
voir aussi : Ralph Rumney (Expositions) lire aussi : 209 (Ralph Rumney) |